Libre et propriétaire : torchons et serviettes ?
Par MrTom, lundi 14 août 2006 à 09:59 :: General :: #5 :: rss
Le débat fait rage actuellement sur le blog de Play. Mon cher ami vient de s'essayer à toute une flopée de distributions. Nous avons donc droit à un comparatif furtif des systèmes des principaux acteurs de notre monde libre. Libre ? Vous êtes sûrs ?
Ce billet réagit au dernier billet, à l'heure où j'écris ces lignes, de Play. D'un point de vue personnel, Play est quelqu'un pour qui j'éprouve énormément de sympathie et que je respecte énormément. Pis, il serait une sorte de gourou pour ma pauvre âme perdue dans certains de ces billets. Il est aussi, rappelons-le, mon initiateur.
Je suis ambassadeur Fedora. C'est à dire que je suis sensé promouvoir Fedora Core auprès des utilisateurs d'ordinateurs quelque soit le système d'exploitation qu'ils utilisent, quelque soit leur niveau. Il est cependant de moins en moins courant de rencontrer des personnes non-initiées à l'informatique. Ne serait-ce que les bases, taper un texte, regarder des photos ...
Il est cependant très courant de rencontrer des personnes non initiées aux principes du logiciel libre. Et pourtant, beaucoup d'entres elles utilisent des technologies libres tous les jours, ne serait-ce qu'en naviguant sur internet ou en envoyant un mail.
L'informatique est quelque chose de très abstrait, et apparaît comme une sorte de brouillard épais aux yeux de nombre de ces débutants. Beaucoup d'éditeurs ont compris cela. C'est donc dans le but de satisfaire des besoins d'utilisations qu'ils ont inclut un maximum de technologies dans leurs systèmes. Parfois, il s'agit de technologies libres. Parfois, de technologies propriétaires. Petit rappel, comme dirait mon tepo Play, "C'est du proprio, c'est le mal." Oui, nous sommes entièrement d'accord là dessus.
Et l'homme inventa la liberté. Le logiciel libre, c'est le choix. Le choix d'utiliser son logiciel sous les termes d'une licence peu contraignante, la GPL. Le choix, c'est le respect. C'est s'assurer que l'utilisateur pourra faire ce qu'il souhaite avec son logiciel. Installer un système d'exploitation libre, c'est s'assurer d'avoir une base logicielle neutre, pensée pour l'utilisateur, loin de tout chant marketing et commercial. Il ne faut jamais céder aux douces voix des sirènes du "pratique", ou du "prêt à l'emploi" que le logiciel propriétaire arbore fièrement. C'est un piège, le piège qui ne se ré-ouvre jamais sans que l'utilisateur n'en pâtisse gravement. Oui, savoir lire des fichiers mp3, sans configuration, depuis un système d'exploitation fraîchement installé est un danger. Un danger pour l'utilisateur, qui se retrouve enfermé dans un format, et qui voit le choix de l'utilisation qu'il peut en faire restreint. Avec quel logiciel le lire? Ai-je le choix du logiciel ? L'aurai-je encore longtemps ?
A cela, beaucoup rétorquent que l'utilisateur a déjà une petite centaines de fichiers, tous dans différents formats, qu'il est important de supporter sur un nouveau système d'exploitation. Pourquoi ? Pour "faciliter" la transition vers le nouveau système. Re-voici notre "pratique", notre "prêt à l'emploi". La transition vers un système libre, comme SLED 10 par exemple, est ainsi assurée sur le court terme. Mais quid de la transition des données vers un format de fichier ouvert ? Elle sera tout bonnement inexistante. L'utilisateur ne s'embêtera pas à modifier son format de fichier s'il est supporté par le système. Perte de temps. Surtout s'il est débutant, il n'y verra aucun avantage. Quel intérêt pour les formats ouverts alors ? Pourquoi existent-ils ? Ils ne servent plus à rien. Si les formats ouverts non plus lieu d'exister, les logiciels libres non plus. Que les grand groupes se partagent le gâteau à coups de brevets. Chacun pourra rentrer chez soi, et nous pourrons fermer nos blogs.
Si aucun format de fichier propriétaire et si aucun logiciel propriétaire n'est inclus dans la distribution, l'utilisateur peut-il utiliser le système malgré tout ? Oui. Il peut, mais il devra convertir ses fichiers. Évidemment, il ne le fera pas en une seule fois. Cela m'a pris, sans vous mentir plusieurs années et je n'ai pas terminé. Petit à petit, convertir ces fichiers dans un format libre, dès que l'on en a l'occasion, est un geste sain pour notre modèle informatique. Par exemple, j'ai commencé par mes fichiers mp3. À ce jour, il ne me reste qu'une poignée de fichiers mp3 sur mon système (je ne les convertie pas pour le moment, car je ne les écoute tout simplement jamais), et j'utilise un baladeur qui sait lire les fichiers ogg. J'ai ensuite converti mes fichiers Office, et j'utilise une suite bureautique libre. Puis est venu le temps de la transition de mes comptes en banque, en me séparant de l'application propriétaire que j'utilisais, pour un équivalent libre. J'y ai même laissé mes anciens fichiers de comptes et ai dû repartir de zéro. Ne venez pas me dire non plus que je suis une exception, car je ne suis pas né avec le libre intégré dans le crâne. J'ai appris, comme tout le monde.
Nous ne devons donc pas nous taire. Nous devons expliquer, tout le temps, à nos mamans y compris, que l'utilisation d'un logiciel propriétaire c'est mauvais pour l'utilisateur et l'informatique grand public. Et surtout, que l'utilisation d'une technologie propriétaire ne doit pas être une fin en soi. Dès qu'une alternative libre existe, nous nous devons de l'utiliser, même si cela nous coûte en temps, même si cela n'est pas aussi pratique que de l'avoir pré-installée (les technologies libres les plus répandues sont installées par défaut dans les meilleurs systèmes d'exploitation libres de toute façon), même si cela nous poussera à convertir nos fichiers ou à bannir certaines technologies de notre quotidien. L'informatique ne pourra que nous en être reconnaissante.
EDIT : Exemple concret, au moment où j'écris ces lignes, un ami m'apprend que sa carte ATI Radeon 7500 n'est plus supportée par les dernières versions des pilotes propriétaires fournis par le fabricant. Le pilote libre, lui, ne s'inquiètent pas que l'utilisateur ne soit pas passé à la caisse pour avoir une carte que le fabricant daigne supporter pleinement.
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